mercredi 20 mars 2019

Balades multicolores dans le mystérieux Jura


Se balader dans le Jura, c’est étirer le temps, les couleurs, les rencontres comme son vignoble s’étire sur ses 80 km de vignes, villages de caractères, caves, vignerons passionnés... 


Impossible à classer tant l’on passe d’une atmosphère à une autre, agréablement accompagné d’un nectar toujours délicieux mais qu’il convient de prendre tout son temps à découvrir. Le vignoble du Jura est de ces endroits authentiques où l’on arrive sans se douter de tout ce que l’on va remporter avec soi, dans la tête, dans le cœur…avec une petite voix qui murmure « Quand est-ce qu’on revient ? »

L'Arbois...

Proclamée Capitale des Vins du Jura, la Cité de caractère d’Arbois est un bon départ pour les plus cartésiens qui auront plaisir à se (re)plonger dans les recherches de Louis Pasteur, capitales, elles, pour la filière, dans l’intimité de son ancienne résidence.

Une fois l’appétit intellectuel ouvert, la curiosité se poursuit au Musée de la Vigne et du Vin du Jura, niché dans l’imposant Château Pécauld qui présente les différents types de vins et les spécificités de la région ; on commence à entrevoir l’étendue du voyage qui nous attend. On découvre en déambulant dans les rues typiques aux côtés des Guides pas Sages qu’Arbois n’est pas qu’une ville mais la première des 5 appellations géographiques du vignoble en volume, et rien de moins que la première Appellation d’Origine Contrôlée de France (1936) !

Que de belles raisons de pousser la porte des vignerons arboisiens qui se découvrent sur plus de 800 hectares au gré de 13 communes, de Pupillin à Port-Lesney en passant par Montigny-lès-Arsures, pour des dégustations et rencontres hautes en couleurs. 

Car si l’appellation Arbois a le cœur rouge avec une dominance des cépages Trousseau et Poulsard (70% de la production), elle a le bel avantage de produire l’ensemble des vins du Jura et on y trouvera aussi les blancs floraux et tradition qui célèbrent le Chardonnay et le Savagnin, les célèbres Vin Jaune et Vin de Paille sans oublier les pétillants Crémants du Jura et le Macvin pour finir en beauté son repas. A ne pas manquer plus au Nord encore, la Grande Saline de Salins-les-Bains et sa galerie souterraine tout à fait grandiose, site classé Monument Historique au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Tant de découvertes ouvrent l’appétit et peu importe que l’on soit à Arbois (La Balance – Mets et vins pour son coq au vin Jaune), à Pupillin (Le Grapiot, pour sa belle sélection de vins du Jura au verre), à Port-Lesney (L’Edgar, ce coin à part pour son esprit guinguette) ou à Salins-les-Bains (Les Deux Forts, pour sa bâtisse de 1479 et ses séjours épicuriens), on trouvera toujours un accueil chaleureux et une assiette bien garnie, accompagnée évidemment d’un vin du Jura.

CŒUR D’OR DU JURA, ENTRE CHATEAU-CHALON ET L’ETOILE

Aux pieds de Château-Chalon, plus Beau Village de France perché sur une falaise, les rangs de vignes sont autant de marches d’un escalier géant à gravir pour en découvrir la beauté protégée. Le temps ne s’étire plus une fois le village atteint, mais semble s’être arrêté. Un panorama à couper le souffle s’offre alors, dominant le vignoble dont l’appellation d’excellence produit exclusivement le célèbre Vin Jaune, fruit de l’unique cépage Savagnin.

On veut forcément tout savoir de ce petit coin paisible et si beau, direction pour ce faire la Maison de la Haute-Seille qui propose une découverte ludique des vins du Jura et du Vin Jaune en particulier, et tous les mardis de juillet et août des balades vigneronnes et des soirées d’initiation œnologique.

Pour prolonger le plaisir on s’attable à la terrasse ombragée du Ptit Castel qui surplombe toute la vallée en peaufinant son programme de visites des vignerons qui sur 50 hectares cultivés sur les communes de Château-Chalon, Menétru-le-Vignoble, Domblans et Nevy-sur-Seille, produisent un nectar exceptionnel pour lequel tout est aussi question de temps, 6 ans et 3 mois minimum précisément avant de pouvoir enfin le déguster.

En suivant la Seille on se laisse emporter jusqu’à la Cité de caractère de Baume-les-Messieurs nichée au creux des falaises, où le temps n’a toujours pas repris son cours notamment lorsqu’on pénètre dans la sublime Abbaye impériale du XIIème siècle ou que l’on s’aventure dans sa Grotte, la plus grande du Jura, qui s’étend sur 1km de galeries avec de sublimes salles où l’on découvre une rivière et un lac souterrain.

L’appellation de l’Etoile toute proche étire à nouveau le temps, en remontant des siècles en arrière par la présence des pentacrines, petites étoiles fossilisées dans les rangs de vignes qui lui ont donné son nom selon la légende, de même que son implantation au creux de 5 collines (les monts Genezet, Terreaux, Montengy, Morin et Muzard) formant un pentagramme. 

La tête dans les étoiles, on poursuit son chemin à la rencontre des vignerons stelliens où chacun est une part d’histoire, comme le Château de l’Etoile et le Château de Persanges et leurs caves du XVIIème et du début du XIXème siècles. L’or est la couleur maîtresse ici où les vins blancs sont rois grâce à l’encépagement majoritairement Chardonnay, accompagnés du Savagnin et d’un peu de Poulsard indispensables à la production du fameux Vin de Paille.

KALEIDOSCOPE

Il faut en faire des tours et détours pour découvrir l’appellation des Côtes du Jura. Etendue sur les 80km du vignoble longeant le Revermont, c’est tout le territoire et pas moins de 105 communes que l’on parcourt pour découvrir ses mystères. Terre de lumières et de couleurs variées, on s’y délecte comme en Arbois de l’ensemble des vins du Jura.

Dans la zone de Poligny, c’est l’autre star du département qui est à l’honneur : le Comté, dont on se régale à différents stades d’affinage en accord avec les vins blancs du Jura. Pour être incollable sur cet artisanat gastronomique, on pousse les portes de la Maison du Comté pour découvrir son terroir et son savoir-faire avant de transformer l’essai dans l’un des restaurants environnants, comme La Sergenterie avec sa cave voutée du XVIIème siècle et surtout ses spécialités !

On se plait à buller le temps d’une animation atypique du côté de Darbonnay chez La Bulle à parfums qui fait se rencontrer pendant 2h les senteurs des fragrances et les arômes des vins, pour une dégustation inédite des vins du Jura.

On arrête le temps une nouvelle fois au caveau de la Fruitière Vinicole d’Arbois dans une ancienne église du XIIIème siècle, on le remonte au Domaine Philippe Chatillon avec les soirées vieux millésime, on le fait traîner au Domaine Les Monts Martin par une visite des vignes en calèche, on l’accélère avec la Maison de Rose et ses balades vigneronnes au cœur des vignes et du village de Saint-Lothain.

Plus bas vers les Coteaux Lédoniens, les couleurs s’apaisent à Lons-le-Saunier qui oscille entre pause détente avec les Thermes Lédonia, son parc classé et son établissement du XIXème siècle et pause urbaine avec l’animation de son cœur de ville et sa rue des arcades. Les vins du Jura ne sont jamais loin, on découvre le travail en biodynamie au Domaine Pignier à Montaigu, on visite les villages vignerons et le vignoble du Val de Sorne avec un historien d’art aux Coteaux du Val de Sorne, on suspend le temps à bord d’une montgolfière pour un vol au-dessus du Nord-Revermont avec Espace Montgolfières.

On finit par glisser tout au sud du vignoble, dans le Sud Revermont avec un premier arrêt à Orbagna où La Caborde, aire Viti-Culturelle se dresse fièrement au milieu du paysage. Ici se superposent espace de dégustation (24 références de vins du Jura, à déguster au verre), expositions et animations, et l’on profite des circuits de randonnée « oeno-découverte » tous les lundis et samedis de juillet et août. Un peu plus bas c’est un trésor du patrimoine qui se met sur notre route ; le Château médiéval de Chevreaux offre un magnifique panorama sur la Bresse. 

Notre échappée jurassienne finit de la plus romantique des façons à Saint-Amour qui dévoile ses tuiles rondes. On se laisse tenter par de jolies adresses comme le Saint-Augustin, hôtel-restaurant installé dans l’ancienne Chapelle du Couvent des Augustins pour une cuisine raffinée des produits du terroir en accord avec les vins locaux. Un dernier arrêt nous entraîne dans l’une des originalités de la ville : l’Apothicairerie de l’Hôtel Dieu, ancêtre de nos pharmacies qui nous offre un bond dans le temps avec sa grande salle voutée qui abrite plus de 300 pots d’époques différentes.






Aucun commentaire:

Publier un commentaire