vendredi 30 janvier 2026

L’Ain : territoire paisible

 

Entre Lyon et Genève, le territoire de l’Ain en région Auvergne- Rhône- Alpes, se distingue par sa nature généreuse, son bâti rappel de l’Histoire de France, ses monuments religieux emblématiques...


Par Marina Lempert

Sans oublier bien sûr, ses nombreux savoir-faire, son passé industriel, son terroir avec des produits d’exception et les tables gastronomiques qui ont fait sa réputation d’escapade gourmande.

Nous partirons de Bourg-en-Bresse pour un itinéraire attractif, de patrimoine et de belles adresses. Découverte

Pérouges : cité médiévale  

L’ancienne Cité de tisserands, révèle ses maisons médiévales à colombages, ses ruelles pavées, son église fortifiée et célèbre sa place centrale et son Tilleul de la Liberté planté en 1792. Ce décor de carte postale sert aussi à des tournages de films d’époque. Les restaurations se devinent bien sûr mais si bien réalisées et préservées que l’imagination peut se projeter et remonter le temps. L’âme qui se dégage de ce petit bourg l’a fait classer en 2013, 4ème Village Préféré des Français et lui a permis d’obtenir le label « Plus Beaux Villages de France ». 

Jujurieux : Musée des Soieries Bonnet 

 


Fondée à Lyon en 1810, la société Bonnet implante en 1835 à Jujurieux une usine-pensionnat, qualifiée en son temps d’établissement « le plus complet dans l’univers ». Reconnue pour son savoir-faire d’excellence, l’entreprise lyonnaise se développe du sud de l’hexagone jusqu’en Italie, en Pologne, en Serbie Abyssinie, sur Londres, New-York et Paris.



Étoffes luxueuses, uniques, imaginées pour les plus grandes maisons de couture, outils de production, dessins, archives composent ce fonds exceptionnel conservé dans les bâtiments d’origine protégés au titre des « Monuments Historiques ». 200 ans d'histoire de production textile défile dans ce qui fut l’une des plus grandes Soieries d’Europe, employant jusqu’à 1200 personnes dont plus de 600 jeunes filles. Les Soieries Bonnet, mémoire d’une industrie d’excellence, constituent à ce jour, le plus important fonds du patrimoine de l’industrie textile à l’échelle internationale. 
 
 
Mais, les collections du Musée témoignent aussi d’une histoire singulière, que ce soit à travers ses métiers ou ses ouvriers. Véritable ruche industrielle, le site concentre sur place des ateliers de préparation des soies, de tissage, un internat, un économat, une chapelle, des magasins d’alimentation, une école ménagère, un terminus de tramway, des cités ouvrières. Il y a accueilli plus de 13 000 ouvrières sur 100 ans et a même exporté son organisation paternaliste au Japon.

 

Visites des anciens ateliers de tissage, évènements culturels et artistiques, boutique. Prestations adaptées pour déficience visuelle- Accessible en fauteuil roulant avec aide. Adresse : 19 bis rue Claude Joseph Bonnet, Parking Place Marcel Grillet- 01640 Jujurieux, tél. + 33 (0)4 74 36 97 60.

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Châtillon-sur-Chalaronne : au bord de la rivière Chalaronne

 


Rendue riche par les franchises que lui accordèrent les Comtes de Savoie, elle fut une ville de charité, bien avant que Vincent de Paul n’y fonde en 1617, la confrérie des Dames de la Charité. L’ancien hospice devenu aujourd’hui Centre Culturel, l’Apothicairerie bordé d’un jardin aux plantes médicinales en témoignent encore. Répondant au label « Cité médiévale de caractère », on flâne là aussi dans des ruelles laissant découvrir des maisons de brique rose aux balcons fleuris. Les fleurs présentes partout, évoquent le temps des expéditions de Bougainvillée, dont l’enfant du pays, Philibert Commerson, ramena l’hortensia…  En septembre, le marché aux plantes rares rassemble les horticulteurs de France et d’Europe. À voir : l’église Saint André de style gothique flamboyant construite au 16ème siècle. À vivre : Le marché sous la Halle élu en 2021 « Plus beau marché de France ».

Plantay : l’Abbaye Notre-Dame-des-Dombes

À la fin des années 1850, Pierre-Henri Gérault de Langalerieévêque de Belley, porte le projet de l'établissement d'une communauté monastique en Dombes, afin d'aider au développement sanitaire, social et spirituel de la région. Son choix se porte sur la fondation d'une abbaye cistercienne. Finalement, c'est l’abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle qui accepte de détacher 44 moines trappistes - moines cloîtrés appartenant à l'ordre cistercien de la stricte observance et vivant dans le silence, la prière et le travail manuel- pour venir défricher la région et bâtir le nouveau monastère. Les conditions avancées par Pierre-Henri Gérault de Langalerie sont de 160 hectares de terres, y compris ferme et cheptel. Les architectes de l'abbaye seront Pierre Bossan et Jean-Baptiste Bernoux. Le travail agricole des trappistes amélioreront les conditions de vie, notamment par l’assainissement des marais de la Dombes - appelée la région aux 1.000 étangs- donc une terre peu fertile et dont l’humidité provoque de nombreuses maladies. Les moines s’investissent aussi pour la Patrie. Lors de la Première Guerre mondiale, vingt-cinq moines sont appelés sous les drapeaux. Deux d’entre eux seront tués pendant la Bataille de France. 

 


Dès l'automne 1940, l'Abbaye soutient les maquis environnants en servant de dépôt d’armes, de munitions et de citernes d’essence. Elle accueille aussi des juifs et des résistants. En janvier 1943, le père Bernard, prieur de l'Abbaye, est arrêté pour la première fois, puis relâché après que le préfet de l’Ain a remis cinq mille litres d’essence réclamés par l’armée allemande. Après la création du STO, le monastère accueille aussi des réfractaires. Mais le monastère est surveillé par les Allemands et, en novembre 1943, la Gestapo arrête à Marlieux plusieurs personnes, dont l’un des agents de liaison du père Bernard qui avait parlé sous la torture. Le réseau est démantelé. Dès le 15 novembre 1943, les Allemands envahissent le monastère. 

La gendarmerie nationale conseille au père Bernard de s’enfuir. Il s’y refuse, voulant épargner le monastère et ses confrères. Il sera arrêté et déporté dans plusieurs camps et mourra en 1944. En mai la Gestapo accompagnée de miliciens fera de nouveau irruption dans le monastère. Les pères Maurice et Amédée Neyret seront abattus. En 1946, l'Abbaye reçoit la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur pour faits de résistance ainsi que la Croix de Guerre 1939-1945. Le père Bernard reçoit également la Légion d'Honneur et la Croix de Guerre à titre personnel et posthumeLe 5 octobre 2002, l'abbaye Notre-Dame-des-Dombes, seul lieu du département de l'Ain décoré pour faits de résistance au cours de la Seconde Guerre mondiale, célèbre le 200eme anniversaire de la création de la Légion d'honneur par l'empereur Napoléon Ier, et accueille la célébration de cet anniversaire pour tout le département de l'Ain. À cette occasion, une plaque commémorative est inaugurée dans l'enceinte de l'Abbaye puis bénie pour rappeler l'implication de ses religieux au cours du conflit.

Visites libres ou guidées de l’Abbaye et de son église et de la Ferme, boutique de produits de la Ferme et d’artisans locaux.

Un accueil au sein de l’Abbaye : La Communauté du Chemin Neuf 

Née d’un groupe de prière en 1973 à Lyon, la Communauté du Chemin Neuf est une Communauté catholique à vocation œcuménique. Elle compte aujourd’hui près de 2000 membres dans une trentaine de pays. Couples, familles, célibataires consacrés hommes et femmes ont choisi l’aventure de la vie communautaire à la suite du Christ pauvre et humble pour se mettre au service de l’église et du monde. https://dombes.chemin-neuf.fr/

Villars-les-Dombes : Le Parc des Oiseaux

 

Au cœur de la Dombes, Le Parc est l'un des 20 sites emblématiques de la Région Auvergne. Concept unique, il s’agit du plus grand parc animalier d’Europe consacré aux oiseaux. Oiseaux sauvages, oiseaux du monde… on peut y admirer sur 35 hectares, 2000 oiseaux de 250 espèces des 5 continents. Spectacle des oiseaux en vol, nourrissage des oiseaux, tour panoramique avec accès en ascenseur aux 3 principaux paliers d’observation, jusqu’au sommet à 27 mètres de hauteur, jardin, aire de pique-nique, boutique, cafétéria. Accessibilité PMR. Fermé l’hiver.  Adresse : Parc des Oiseaux- D1083- 01330 Villars-les-Dombes, tél.  +33 (0) 4 74 98 05 54 - www.parcdesoiseaux.com

Ambronay : L’Abbaye d’Ambronay


Fondée en l’an 800 par Barnard de Romans, officier de Charlemagne et futur saint canonisé en l’an 944, qui en fit d’abord construire le monastère originel. Le pape Léon IX, confirme en 1050 la totale souveraineté et l’indépendance de l’Abbaye. Fleuron gothique, son rayonnement spirituel et économique est important de la fin du 11ème au 13ème siècles ; ses dépendances s’étendant sur 44 paroisses, 21 prieurés et 9 doyennés. Les possessions de l’Abbaye se trouvent  alors au cœur d’une zone stratégique convoitée, à la frontière de la Savoie, du Bugey et de la Bresse. A l’issue d’une longue période d’abandon des bâtiments, un incendie ravage une grande partie de l’Abbaye en 1632. C’est une nouvelle communauté religieuse, les moines de la congrégation de Saint-Maur, qui va donner à l’Abbaye son panache architectural et spirituel. Mais, les moines la quittent à la Révolution et en 1798, elle devient prison, grange, hospice…

La dernière décennie du 19ème siècle amorce le processus de classement du patrimoine architectural de l’Abbaye. Le clocher est reconstruit en 1843. La première demande de classement de l’église est formulée en 1887 par le conseil municipal. Il interviendra deux ans plus tard, suivi en 1905 par le classement du cloître et de la salle capitulaire. Les autres édifices seront inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques entre 1928 et 1992.Visites libres, guidées et même en musique de l’abbatiale, du cloître, des jardins.En 1980, Alain Brunet, entouré d’une fidèle équipe de bénévoles, crée l’association Art et Musique ». Le Festival de musique baroque d'Ambronay naissait alors. En 2003, l’Abbaye et le projet culturel consacré à la musique ancienne et au spectacle vivant mené à Ambronay ont obtenu le label « Centre culturel de rencontre ». Et en 2026, la majestueuse abbaye bénédictine est toujours le cadre magique d’un festival annuel de musique baroque et ancienne à la renommée internationale. www.ambronay.org/le-projet

Belles adresses : Coups de Coeur

Pérouges : Hostellerie du Vieux Pérouges : à l’ancienne

 


Maison de Famille depuis 1912 où 5 générations se succèdent après Marie-Louise Thibaut, qui après 80 ans de fermeture, repris le lieu et y créera entre autres la Galette de Pérouges. En un siècle, l'hostellerie passera du petit café de village à l’hôtel d'aujourd'hui avec ses 18 chambres réparties dans 3 autres maisons. De nombreux films ont été tournés ici et de grandes personnalités y ont séjourné. Le restaurant offre une expérience gastronomique raffinée de la véritable cuisine française, locale et de saison, tels le  Poulet de Bresse, l’omelette aux morilles et à la bisque d'écrevisse, les écrevisses à la pérougienne… Belle carte des vins dans des accords très précis.  Un conseil : les vins pétillants de la région comme le Montagnieu ou le Cerdon. Un service attentif dans différentes salles et salons chaleureux aux parquets et plafonds de bois, fenêtres à meneaux, cheminées et même des serveuses en costumes bressans. Un style ancien comme on s’y attend et comme on aime. Menus et carte. Prix doux pour ce cadre hors du temps, ce service et cette cuisine de si haute qualité. Café et salon de thé également.

 

La spécialité incontournable : la galette de Pérouges !

 



La recette déposée par la famille Thibaud depuis 1912 : une pâte briochée fine avec zeste de citron, beurre et sucre qui caramélisent dessus à la cuisson et accompagnée d’une louche de crème fraiche. Vendue en exclusivité dans la cité et labellisée « Saveurs de l’Ain ». Adresse : Hostellerie du Vieux Pérouges- Place du Tilleul- Cité médiévale- 01800 Pérouges, tél. + 33 (0) 9 67 12 70 84 -www.hostelleriedeperouges.com

 

Ambronay : Auberge de l’Abbaye d’Ambronay chez Yvan Lavaux : 1 Étoile au Michelin depuis 2012

 

Au pied de l'abbaye bénédictine, cette authentique auberge datant de 1776 a évolué en restaurant gastronomique étoilé, dans un cadre très contemporain à la fois coloré et intimiste. Propriétaire-Chef de son restaurant, Yvan Lavaux, cuisinier et esthète, né à Nantua et qui a passé son enfance à Ambronay, a su garder son étoile depuis 14 ans. Une étoile, amplement méritée, tant son menu unique mais en plusieurs services,  au rythme des saisons et même des micro-saisons et de son inspiration passionnée, est époustouflant. Tout provient de petits producteurs locaux, éleveurs et artisans, installés pour la plupart à moins de 25 km de l’Auberge, en bio ou en raisonné.  Les produits travaillés en contrastes assumés, en subtilité toute, composent des assiettes inattendues et séductrices.

 


Un service en salle qui suit évidemment, des cocktails expressifs et une carte de vins choisis avec esprit. Un moment inoubliable, une adresse que l’on voudrait égoïstement garder secrète.
Adresse : Auberge de l’Abbaye d’Ambronay- 47 place des Anciens-Combattants- 01500 Ambronay- Tél. : +33 (0) 4 74 46 42 54 - www.aubergedelabbaye-ambronay.com

Ambronay : La Maison d’Ambronay : Chambre d’Hôtes de charme

Nathalie Schlienger, après avoir tenu une imprimerie parisienne, désireuse d’une nouvelle aventure a transformé l’ancienne école primaire d’Ambronay ouverte en 1870 et fermée en 2014, en une maison d'hôtes. Elle a tout en en préservant les murs et l’atmosphère d’antan, reconstruit, restauré, sauvegardé et réinventé. On retrouve toujours les platanes dans la cour, on devine l’ancien préau, le grand escalier menant aux classes et on admire ce lent, obstiné et formidable travail. La luminosité, l’amplitude des volumes, le mobilier chiné, les objets design, la cuisine vintage rendent ce lieu atypique, très élégant et chaleureux. Grand confort des 4 chambres déclinées en classes de CE1, CE2, CM1, CM2. Petits-déjeuners maison, planches, boutique. Non fumeur. Adresse : 46 Grande Rue- 01500 Ambronay- Tél. : +33 (0) 7 82 32 90 79 - www.lamaisondambronay.fr

 

 

Saveurs de l’Ain® : c’est une marque, mais surtout un pacte entre ceux qui produisent, transforment, cuisinent ou subliment ce que la terre de l’Ain offre de meilleur. Des fromagers aux chefs, des vignerons aux bouchers, tous ont ce credo : faire simple, faire bon, faire vrai. C’est du goût local, intense, parfois brut, souvent réconfortant.

Lancement de sa nouvelle charte « Ain Tourisme Durable ». Cette démarche, qui se veut collective, vise à fédérer les acteurs du territoire autour d’un modèle équilibré, créateur de richesses et respectueux de l’environnement. Au travers de la charte Ain Tourisme Durable, les opérateurs touristiques du département s’engagent pour un tourisme : • Générateur de richesses et d’emplois tout au long de l’année • Contribuant à l’attractivité du département • Respectueux de l’environnement en limitant les impacts • Équilibré sur l’ensemble du territoire • Source d’amélioration du cadre de vie des habitants En synergie avec les autres secteurs économiques • Accessible à tous


Pour en savoir plus :

Consulter les sites web : www.perouges-bugey-tourisme.com  et www.ain-tourisme.com

(Crédits Photos : Florence Bereziat Ain Tourisme, Mairie de Chatillon-sur-Chalaronne, Gold Le Clou, Marina Lempert).

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