mercredi 22 avril 2026

L’Isère turbine à plein régime

 

En Isère, l’industrie sort des livres d’histoire et ouvre grand ses portes : elle se visite, se traverse, et se rend accessible…

 

  

Ici, l’eau a mis les vallées en mouvement, l’électricité a changé l’échelle du possible, et les infrastructures ont pris des airs de prouesses techniques autant qu’esthétiques. De Lancey à La Mure, de la vallée du Grésivaudan à celle de la Romanche, le patrimoine industriel isérois révèle une nouvelle manière de découvrir le territoire, par les lieux où s’est inventée une part du monde moderne. À travers la maison d’Aristide Bergès, le petit train de La Mure escaladant la montagne, et la monumentale centrale des Vernes, voici trois expériences qui invitent à remonter le fil d’une histoire faite d’ingéniosité, d’énergie et de paysages transformés.

 

AUX SOURCES DE LA MODERNITÉ -Lancey – À la Maison Bergès, l’hydroélectricité prend son essor

 

Qui connaît Aristide Bergès ? Car sa maison vaut incontestablement le détour ! Industriel et figure majeure de la houille blanche, il est à l’origine à partir de 1869 d’un petit empire du papier dans la vallée du Grésivaudan. La demeure familiale, profondément transformée au fil des époques, est devenue musée : on circule entre décors inspirés de la Renaissance et du Moyen Âge, et éléments Art nouveau témoignant du goût du propriétaire des lieux. Porte sculptée de symboles mathématiques ou hydrauliques, linteaux décorés, papiers peints ornés de volutes fleuris : ici, le patrimoine domestique et les arts dialoguent avec le destin industriel d’un génie visionnaire. Par les hautes fenêtres du premier étage, il est même possible d’apercevoir les conduites qui dévalaient la montagne, charriant l’eau des glaciers, et les vestiges des usines de transformation... Le grondement des anciennes turbines ne s’est pas tout à fait éteint dans ce coin de la vallée !

 

 Découvrir le Cotentin à travers un beau-livre...

 

Au pied de Belledonne, la visite de la Maison Bergès donne un aperçu de la manière dont l’Isère a participé à l’essor de l’hydroélectricité, et à l’invention d’une modernité alpine fond@éLaendess Auttrraclt’ivéiténergie de l’eau. Ce site fait partie du réseau des 11 musées du Département de l'Isère, tous gratuits à la visite. Le musée est ouvert du mercredi au dimanche inclus.

musees.isere.fr

 

SUR LES RAILS DU PROGRÈS - La Mure – Le petit train de La Mure, l’épopée électrique à flanc de montagne

 

Inimitable silhouette rouge se détachant sur la verdure des paysages isérois : le petit train de La Mure a de l’allure ! Son histoire est intimement liée à celle des mines d’anthracite du plateau matheysin, à l’essor de l’hydroélectricité et à l’ouverture progressive du territoire au tourisme : né en 1888, d’abord exploité à vapeur, le train de La Mure est dès 1903 le premier train électrifié au monde sous courant continu à haute tension. À son bord, le voyage traverse cinq communes, autant de tunnels, et trois majestueux viaducs : les panoramas spectaculaires éblouissent les passagers, jusqu’au belvédère du Grand Balcon surplombant les eaux turquoise de l’un des plus grands barrages de France. On embarque pour un trajet ; on découvre une immersion panoramique à couper le souffle, et une saga industrielle en mouvement ! Nouveauté 2026 : des wagons originaux restaurés seront remis en circulation cet été.

 

Tarif A/R adulte à partir de 26 € 50 / jeune 4-15 ans 21 € / gratuit enfants de moins de 4 ans - calendrier et horaires des voyages à consulter sur le site lepetittraindelamure.com

 

Consulter également notre portail VOYAGER-magazine.fr


L’ARCHITECTURE DE L’ÉNERGIE - Livret-et-Gavet - La centrale des Vernes, ou la force monumentale de l’eau

 

Dans la vallée de la Romanche, l’industrie sait aussi soigner sa silhouette. À Livet-et-Gavet, la centrale des Vernes frappe d’abord par sa présence architecturale hors du commun. Escalier inspiré de celui du château de Vizille, vaste terrasse arborée surplombant la Romanche, ou encore jardin à la française avec allées, arbres, parterres bordés de vases et fontaine sculpturale : cette « usine-monument » intrigue et impressionne. Mise en service au début du XXe siècle, elle a été pensée par Charles-Albert Keller comme une véritable “mise en scène de l’eau”, tout en répondant à l’augmentation des besoins en énergie des établissements Keller et Leleux, producteurs de fonte synthétique à Livet. Classée monument historique depuis 1994, la centrale des Vernes illustre l’ambition peu commune de conjuguer production énergétique, composition paysagère et élégance du bâti. Cette visite rappelle qu’en Isère, le génie industriel a aussi su parler le langage de l’architecture.

 

Informations : www.oisans.com

 

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