mardi 12 novembre 2019

Iwate : un Japon caché à la nature sauvage et intacte


Situé tout au nord de Honshu, l’île principal de l’archipel nippon, Iwate est la deuxième plus grande préfecture du Japon et à la fois l’une des moins densément peuplées...


Elle propose par conséquent une grande variété de paysages très bien préservés : une superbe côte au relief particulièrement découpé, de hautes montages dont le Mont Iwate souvent comparé au Mont Fuji pour sa forme, des gorges vertigineuses, des lacs de cratères et des champs de lave. 

L’histoire de la région et son patrimoine méritent également le détour avec deux sanctuaires classés à l’UNESCO. Enfin, loin des foules, au cœur d’une région encore confidentielle, Iwate invite à faire de véritables rencontres avec ses populations locales vivant en harmonie avec la nature environnante et à profiter de ce havre de paix pour se ressourcer. 

Un littoral et des côtes spectaculaires...

Sur la façade pacifique, les côtes d’Iwate dessinent un littoral rocheux et accidenté avec de superbes vues sur l’océan. Les falaises de Kitayamazaki s’élèvent à 200 mètres de haut au-dessus de la mer et s’étendent sur une longueur de 8 km le long de la côte. Résultat d’un travail géologique de plus de 100 millions d’années, on en parle souvent comme de la plus belle ligne de côte du Japon. Fréquemment comparées aux vues de la Great Ocean Road en Australie, les falaises font maintenant partie d’un parc national. On peut les admirer au plus près en embarquant pour une croisière côtière en bateau.

Autre alternative : à pied sur la Michinoku Coastal Trail, un long sentier de randonnée de 900 km qui serpente tout le long de la côte pacifique nord du Japon, de la ville d’Hachinohe à la ville de Soma, et qui permet de découvrir l’intégralité des côtes d’Iwate à travers forêts, villages de pêcheurs, tunnels dans la roche, cascades, falaises et points de vue panoramiques époustouflants. Pour les plus pressés, la ligne de chemin de fer Sanriku Railway longe également la côte et alterne entre montagnes et superbes vues sur l’océan.

Enfin, les côtes d’Iwate sont aussi réputées pour leurs plages, comme la plage de Jodogahama qui présente une série de formations rocheuses volcaniques veilles de 52 millions d’années. Au sommet de ces pics de roche blanche plantés dans des eaux azur, poussent quelques pins verts qui se drapent de blanc lors des fréquentes chutes de neige hivernales.

Des montagnes dans les nuages...

A l’intérieur des terres s’élève une chaîne de montagne culminant au-dessus de 2000 mètres et de profondes vallées encaissées. Symbole de la région, le Mont Iwate est le point culminant de la préfecture avec ses 2038 mètres d’altitude. Il domine la ville de Morioka, capitale de la préfecture d’Iwate. Sa ligne de crête rappelle celle de la montagne la plus célèbre du Japon, le Mont Fuji, et lui vaut son surnom de « Iwate-Fuji ». 

Sur le versant nord-est du Mont se trouve également le champ de lave de Yakehashiri, une vaste étendue de 3 km de blocs de lave solidifiées qui se sont formée après l’éruption de 1732. Près de 290 ans plus tard, les plantes ne poussent toujours pas sur ce vaste champ de roches noires, qui vont de la taille d’un caillou à des blocs de plus d’un mètre d’envergure. Aujourd’hui monument naturel protégé, une passerelle a été installée sur 1 km au-dessus de la lave pour permettre d’y randonner. 

Non loin se trouve aussi des sources chaudes...

Au nord de la préfecture s’étend le plateau volcanique de Hachimantai, qui avec le lac de Towada dans la préfecture voisine d’Aomori, forme le Parc National de Towada-Hachimantai. Il est parcouru par de nombreuses routes panoramiques qui permettent d’aller découvrir les nombreux marais et sources chaudes qui parsèment la région. Impressionnant en toute saison, l’automne reste l’une des plus belles périodes pour y aller s’y promener, lorsque fin septembre les feuilles se colorent d’une myriade de nuances de rouge et de jaune. Certaines routes ferment pendant l’hiver en raison de la neige, mais lorsque les débuts de printemps approchent, on peut arpenter la région à travers de véritable canyons glacés creusés dans la neige.

Plus au sud cette fois-ci, le Mont Takashozu est particulièrement apprécié pour sa plateforme d’observation qui, à l’aube pendant le printemps et l’automne, en fonction de la météo, permet d’admirer une vraie mer de nuage s’engouffrant dans la vallée en contrebas.

Une riche culture épousant la nature...

Situé non loin de la ville d’Hiraizumi, elle-même classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, le temple de Takkoku no Iwaya est remarquable de par sa conception : vieux de près de 1200 ans, il est construit directement dans la falaise rocheuse. Autrefois grotte abritant le repère d’un brigand, elle fut transformée en sanctuaire après la défaite de ce dernier pour remercier les dieux de cette victoire. Le temple renferme une statue de Buddha sculptée à même la roche.  Maintes fois détruit lors d’incendies et reconstruit, son architecture actuelle s’inspire largement du célèbre Kiyomizu-dera de Kyoto.

Le complexe de temps situé à Hiraizumi reflète aussi cet attachement à la nature : le site s’inscrit dans une cosmologie mêlant influences du bouddhisme venu d’Inde et des cultes japonais traditionnels voués à la nature. Hiraizumi a été dessiné pour représenter un monde pur et en paix : on y parcourt temples et jardins dans une environnement calme en harmonie avec la nature, les montages et les forêts environnantes. Le plus célèbre, le Chuson-ji avec son hall doré, pourrait avoir inspiré Marco Polo dans ses récits de voyage sur « Cipango » - le Japon. 

Non loin de là se trouve les Gorges de Geibikei, officiellement parmi les 100 plus beaux paysages du Japon. On les découvre en descendant la rivière en bateau sur un peu plus de 2km, le tout entouré de falaises vertigineuses qui s’élèvent jusqu’à 100 mètre de haut au-dessus du paisible cours d’eau. En toute saison, le paysage y est superbe, entre arbres en fleurs, couleurs d’automne et cascade gelée. En fin de parcours, on effectue une petite halte pour jeter une pierre porte-bonheur ou « undama » dans le trou d’une des plus hautes falaises. Le retour se fera au son d’un chant folklorique traditionnel, le Geibi Oiwake, entonné par le batelier.

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