mercredi 29 août 2018

Découvrir le Pays du Mans


Comment découvrir et comprendre un territoire à travers ses savoir-faire ancestraux...


Incontournable pour tous les amoureux de bolides à 2 ou 4 roues avec son célèbre circuit des 24 heures ; connu de tous les passionnés d’Histoire avec Bérangère, Henri II, Geoffroy ou bien encore Jean-sans-Terre ; inévitable pour tous les accrocs d’architecture avec sa Cité Plantagenêt, sa muraille gallo-romaine unique ou bien encore son séduisant Donjon de Ballon, etc. ; apprécié des gastronomes pour ses nombreux produits du terroir et sa cuisine authentique ; respiré par tous les amoureux de grands espaces avec sa magnifique Forêt de Bercé, son Arche de la Nature, etc...

...le Pays du Mans recèle en sa besace de nombreux autres atouts touristiques, certes plus méconnus et pourtant tous aussi attractifs pour qui souhaite le découvrir sous un angle différent à l’image de son patrimoine industriel à découvrir désormais à travers un circuit thématique : « les révolutions industrielles en Pays du Mans ».

Depuis quelques années, le Pays du Mans s’est donné pour objectif de sensibiliser public sarthois et visiteurs à son patrimoine industriel de premier ordre et pourtant, aujourd’hui encore, fort méconnu. En effet, si ce pays véhicule l’image d’un département rural – exception faite de la métropole mancelle -, son développement industriel a laissé de nombreuses traces encore visibles au détour d’une rue ou d’un champ.

Les changements économiques et industriels rapides qui ont marqué les deux derniers siècles ont eu des impacts sur de nombreux sites, des plus modestes aux plus imposants. Certains ont été laissés à l’abandon face au progrès et autres nouvelles technologies ou, plus simplement, suite à l’épuisement des ressources naturelles nécessaire à leur bon fonctionnement.

Fonderies, filatures, chaudronneries, usines, forges ou bien encore chemins de fer, ateliers, maisons ouvrières, etc., autant d’indicateurs d’un lieu de travail et de production qui ont marqué de façon durable un territoire et forgé la mentalité de ses habitants, et autant de témoins de la modernisation d’un territoire et de son histoire sociale à partir du XVIIIe siècle qu’il est important de conserver, de protéger, de restaurer et de promouvoir auprès de la mémoire collective présente et à venir. 

Face à ce constat, le Pays du Mans s’est donc attaché mettre en avant un ensemble de sites industriels "historiques" tout en se faisant collecteur de mémoire afin de proposer un circuit touristique dédié à cette thématique en commençant par Saint-Jamme et la Fonderie d’Antoigné (les fonderies Chappée) qui fête cette année ses 400 ans (les 22 et 23 Septembre prochains). L’occasion rare de rencontrer d’anciens fondeurs qui se font les témoins de leurs savoir-faire mais également du paternalisme Chappée, de la vie dans et autour des forges, des luttes sociales et de l'histoire de nombreuses générations d’ouvriers. C’est d’ailleurs grâce à eux en partie qu’un centre de ressources de la mémoire ouvrière industrielle a ouvert ses portes et accueille désormais expositions, démonstrations, animations, séminaires, etc.). Grâce à eux également que le village en entier est devenu le témoin vivant de ce que fut le modèle paternaliste industriel.

Saint-Jamme et le Centre de Ressources de la Mémoire Ouvrière Industrielle

Puis, cap sur les anciennes filatures et corderies de Champagné (culture et exploitation du chanvre). En effet, il est courant d'entendre dire qu'en Sarthe, le XIXème siècle fut la grande période du chanvre puisqu'on y comptait, vers 1850 pas moins de 5000 artisans. Victor Eugène Ardouin Dumazet (1852-1940), journaliste et rédacteur de guides touristiques (Voyage en France) écrivait en 1898 : "Le rouissage est une cause puissante d’insalubrité. Pendant deux mois, la Sarthe et ses affluents roulent une eau noire et nauséabonde ; l’infection est telle que, dans la traversée de la ville du Mans, les quais sont désertés par les promeneurs. Depuis la fin d’août jusqu’au milieu de septembre, le rouissage est en pleine activité, mais l’infection des eaux se prolonge bien souvent pendant les premiers jours d’octobre".

De cette forte activé chanvrière résulte un nombre assez conséquent de moulins (à l'image du moulin de Fillé-sur-Sarthe devenu aujourd'hui centre d'Art Contemporain sur l'ïle de Moulinsart) qui évolueront quant à leur fonction mais également de fours à chanvre permettant aux plus modestes de profiter de cet essor post-industriel. Ces derniers font depuis peu, l'objet d'un sentier d'interprétation (sentier de randonnée) sur lequel les randonneurs peuvent grâce à leurs smartphone écouter les témoignages collectés via un simple QRcode mis à disposition à chacune des étapes du circuit sur les panneaux informatifs.
 
Le Pays du Mans, l'autre pays du chanvre...

Si les rillettes ont les faveurs des touristes, il est un autre produit gourmand, certes classique qu'il ne faut pas oublier au Pays du Mans : la pomme. En effet, cette dernière fait partie intégrante du paysage traditionnel puisqu'on en encourageait déjà la production sous Henri IV. Au nombre des variétés les plus réputées, la  célèbre Reinette du Mans qui participa à l'essor de cette production dont on peut suivre l'évolution au Verger expérimental de l'Arche de la Nature - au Mans -. S'il fallait compter sur la pomme à couteau, la pomme à cidre se faisait également la part belle au grand bonheur de l'industrie cidricole qui s'est alors développé au Pays du Mans et tout particulièrement dans certains moulins à l'image de l'ancienneDistillerie-Cidrerie le Moulin Neuf à Souligné-sous-Ballon où il fait bon aujourd'hui de faire une petite pause gourmande. 
 
De l'automobile à l'éolienne, le génie créateur des Bollée...

Temps sera venu d'arriver au Mans afin de découvrir les talents précurseurs de lafamille Bollée (mécanique automobile, éolien, etc.) à découvrir à travers le patrimoine industriel bâti au sein de la ville du Mans mais également au Musée des 24 heures, sans oublier la Manufacture des Tabacs, le Centre des Archives Historiques de la SNCF installé dans les locaux des anciens ateliers SNCF ; des archives dignes d'un trésor puisque regroupant des lampes, des montres, des documents mais également quelques 30000 plaques de verre (ancêtre du négatif), 25000 cartes postales, affiches (dont certaines dessinées par Dali), etc. dont certains datent des années 1830, aux tous débuts du chemins de fer (1830).
  
Dernière étape et non des moindres, les fours à chaux à l’image de celui deTéloché qui reprend vie grâce à la volonté tenace d’artistes et qui ont rebaptisé ce site  exceptionnel en Citadelle des Anges à découvrir une fois la nuit tombée ! 





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