La principale île des Baléares a la couleur du temps: changeant ! La même journée, la pluie peut donner rendez-vous un peu plus tard à un soleil radieux avant que le vent ne fasse des siennes.
Ce tourbillon climatique est aussi varié que les curiosités à découvrir et la diversité des régions de cette grande île de 3640 km 2 et où séjournent plusieurs millions de vacanciers tout au long de l'année.
Majorque, on ne le sait pas assez, est le paradis des cyclistes car les autorités locales ont décidé voici quelques années de jouer la carte nature. Aujourd'hui, on peut faire le tour de l'île en vélo. Plus de 580 km de pistes cyclables qui devraient bientôt passer à 800 km.
Et des dizaines de circuits, de 4 à à 150 km par jour offrent aux amoureux de la petite reine la possibilité de découvrir l'île sur deux roues, à leur rythme, d'aller par exemple à Valldemossa, l'un des villages les mieux conservés de Majorque où George Sand et Frédéric Chopin cachèrent leur idylle pendant près d'une année.
L'été, dans le petit croître, des œuvres de Chopin sont exécutés par des pianistes renommés.
Les randonnées…
Autre activité-reine : les randonnées. Elles sont multiples, faciles d'accès et bien balisées. On y croise de temps à autres de jolis petits villages traditionnels un peu endormis.
Au détour du chemin à peine pentu, on ne manque pas d'être ébloui par les parterre dorés de colza sauvage, les amandiers en fleur, ou encore les oliviers au tronc noueux, tortueux et millénaire, les câpriers, les caroubiers, sans oublier, bien sur, les citronniers et les orangers, l'une des grandes richesses de l'île qui pousse dans tous les jardins et dans les nombreux vergers…
La spectaculaire "Seu"…
Dans la capitale, il faut absolument déambuler à son temps dans la vieille ville tout au tour de la cathédrale, dans ces ruelles bien rénovées où l'on pourra découvrir par exemple d'anciens bains turcs, témoignages d'une période où les Maures s'étaient installés ici.
Et puis, il faut passer un bon moment dans la cathédrale de Majorque, l'un des monuments emblématiques de l'île et l'un des chefs d'œuvres de l'art gothique de la chrétienté de l'époque moyenâgeuse.
De très grande dimension, la "Seu", -c'est le nom populaire de cette cathédrale - a une grande nef de 44 mètres éclairée par une rosace impressionnante dans la nef centrale : 12,55 mètres de diamètre, "l'œil le plus grand de l'art gothique".
Les pénitents de la Semaine Sainte…
Enfin, si vous le pouvez, n'hésitez pas à découvrir Majorque à Pâques. D'abord le temps y est clément et parfois mieux que ça. Mais surtout la Semaine Sainte y est fêtée de façon particulièrement spectaculaire.
Le dimanche des Rameaux, l'entrée de Jésus Christ à Jérusalem se fête dans toute l'île avec une grande ferveur. L'élément le plus traditionnel de cette manifestation est la bénédiction des rameaux d'oliviers et des branches de palmiers qui sont apportés à la procession.
Durant les premiers jours de la semaine, des processions de pénitents défilent, chaque soir dans un quartier différent. Au total, venus de 34 paroisses, les confréries et leurs pénitents vont pendant des heures et jusqu'au bout de la nuit, arpenter les rues de la ville.
Certains vêtus d'une ample robe noire, blanche ou de couleur, parfois d'une simple robe de bure, le visage masqué par un long cône, qui ne laisse apparaître que les yeux. D'autres - mais l'on devine malgré tout beaucoup de femmes- ont des chaînes aux pieds, parfois marchent pieds nus.
Une vraie fête…
Chaque confrérie - dont certaines existent depuis plus d'un siècle - est identifiable par ses vêtements, ses couleurs, ses blasons. Dans leurs mains, de longues bougies éclairent la scène.
Souvent, la procession est ouverte par des orchestres d'une bonne dizaine de musiciens où le son des tambours et grosses caisses donne une certaine solennité à l'évènement.
Sur les trottoirs, jeunes et moins jeunes Majorquins, patients, chaleureux, heureux même semble-t-il, attendent des heures durant le passage des processions. Vivas bruyants et applaudissements ponctuent la fête, comme s'ils libéraient une énergie contenue, une tension retenue qui explose enfin.
Parfois, derrière deux ou trois dizaines de pénitents d'une paroisse, des femmes en mantille, toutes vêtues de noir et perchées sur des hauts talons, une bougie dans une main, un chapelet dans l'autre, le visage grave, suivent la procession, lourdes d'un vœu ou d'un pardon à implorer, rendant ces scènes étonnantes quelque peu irréelles, hors du temps.
Le dimanche, qui clôt les festivités, à la première heure du jour se déroule la procession de la Rencontre entre Jésus et Marie. Les applaudissements éclatent, les cloches sonnent à toute volée. Alors, aux nourritures spirituelles peuvent succéder les empenadas (friands à la viande de mouton) et les douceurs : rodiols et crespells , des beignets très sucrés et parfumés à l'amande.