La capitale du Portugal et sa région alentour vous feront découvrir nombre de sites labellisés Patrimoine mondial de l'Unesco. Et trois nouveaux sont en lice : Obidos, Mafra et ... le fado !
Découverte…
Pourquoi ne pas commencer par le bout du monde, histoire de prendre un grand bol d'air du large avant de partir à la découverte des sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco et aussi de ceux qui y sont candidat ? Car Cabo da Roca, située à la pointe la plus occidentale de l'Europe, au pied de la Sera de Sintra, est très probablement l'un de lieux les plus emblématiques du Portugal.
A deux pas des belles plages d'Estoril, la "riviera portugaise", et de l'élégante station balnéaire de Cascais aux rues piétonnes pleines de charme, le cap du rocher se découvre d'abord par un phare de 165 mètres de haut qui date de 1772.
Non loin, face à l'océan Atlantique, se dresse un calvaire tout simple. "Ici, a, écrit le poète national portugais Luis de Camoes, finit la terre et commence la mer". Et il est vrai que l'impression d'immensité sans limite est prenante. On raconte, un peu sous forme de plaisanterie, que "par temps clair, on distingue à 6000 km d'ici… la statue de la liberté" !
Et pour ceux qui le souhaitent, un certificat - témoignage de sa venue sur place- est vendu aux touristes. Les Japonais en sont particulièrement friands. Il est vrai qu'ils sont là à l'autre bout de leur terre…
Obidos, candidate au Patrimoine de l'Humanité…
Si le Portugal dispose aujourd'hui d'une bonne dizaine de sites inscrits sur la liste de l'Unesco, dont Sintra, le centre historique de Santarem, ou encore le monastère d'Alcobaça, celui de Bathala , le couvent du Christ à Tomar et quelques autres comme la tour de Belém à Lisbonne. Mais l'ambition de Portugais ne s'arrête pas là et le gros village d'Obidos entend bien rejoindre bientôt les sites déjà classés.
Obisdos, donc, à quelques encablures de Lisbonne, se découvre dès potron-minet, avant que la foule des touristes déferle sur ce bourg de 10.000 âmes ceinturé d'une impressionnante muraille crénelée, un peu comme notre Carcassonne.
En son sommet trône un beau château fort aux portes et fenêtres manuélines - style de gothique tardif aux motifs marins inspirés de l'ère des grandes découvertes qui étaient une seconde nature pour ce peuple de marins - et aujourd'hui, signe des temps, transformé en hôtel de luxe historique (pousada).
Dans ce village médiévale aux belles petites maisons de poupées blanches, aux murs bordées de bleu intense, aux balcons fleuris et aux petites ruelles aux pavés disjoints, - qui fut la dot de toutes les reines du Portugal pendant plus de cinq siècles et jusqu'en 1834 - il ne faut pas hésiter à prendre son temps, à fureter, s'arrêter dans les boutiques de céramiques et poteries, bien sûr, d'azulejos, ces faïences d'un bleu si particulier qui sont la marque du pays dans le monde entier, mais aussi de toutes sorte d'artisanat de bonne qualité.
Un nombre étonnant d'églises, de chapelles, de musées attendent les visiteurs à chaque coin de ruelle. Sans oublier une très belle fontaine médiévale dont les eaux auraient des vertus thérapeutiques et, bien sûr, le monument en hommage à Camoes, l'un de ces nombreux monuments qui n'existent que dans les localités mentionnées par ce Rimbaud ou plutôt Saint-John Perse lusitanien dans l'un de ses plus célèbres ouvrages : "Os Lusiadas".
Enfin, pèlerinage plus politique et émouvant, c'est dans cette petite bourgade que se déroula la réunion préparatoire qui allait, au son du désormais célèbre "Grandola, vila morena", déboucher sur la révolution du 25 avril, encore appelée révolution des œillets qui mit fin à la dictature de Caetano, le successeur de Salazar.
Et Mafra aussi !
Autre candidat lusitanien à vouloir être inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco : Mafra.
Situé à quelques dizaines de kilomètres de Lisbonne, le gigantesque palais de Mafra, monument baroque le plus important et imposant du Portugal est formé d'une basilique, d'un couvent et d'un palais proprement dit. La première pierre fut posée le 17 novembre 1717, bénie par le patriarche de Lisbonne et toute la cour du roi Joao V et la basilique fut solennellement consacrée le 22 octobre 1730.
Quelques chiffres donnent l'idée du gigantisme du lieu ; l'édifice occupe une surface de près de 38.000 m2. On y compte 1200 pièces, plus de 4700 portes et fenêtres, 156 escaliers et 29 cours et arrière-cours. Plus vaste chantier de l'époque, il occupa, à certains moments, jusqu'à 50.000 ouvriers.
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En fait, cette magnificence a une explication : c'est l'or du Brésil qui donna la possibilité au souverain de financer ce monument, lui permettant tout à la fois de pratiquer une politique de mécénat tout en renforçant l'autorité royale. Le roi commanda sculptures et peintures religieuses à de grands maîtres italiens et portugais ainsi que deux carillons de 92 cloches qui constituent le plus grand ensemble jamais vu au monde. Tout comme les six orgues de la basilique qui n'ont pas d'équivalent.
Enfin, le palais de Mafra possède de remarquables collections de peintures religieuses, de sculptures baroques et de vêtements sacerdotaux et ornements liturgiques.
Ainsi qu'une gigantesque bibliothèque de quelque 40.000 ouvrages, la plupart reliés dans les ateliers du couvent, constituant une véritable synthèse du savoir encyclopédique du XVIII ème siècle. "Ici, raconte avoir humour un guide, "les chauve-souris, en attrapant les petits insectes, nous aident à sauvegarder ce patrimoine mondial !". Patrimoine qui mériterait bien de figurer bientôt sur la fameuse liste de l'Unesco !
Sans oublier le fado !
Quant à la troisième candidature, c'est… d'un chant qu'il s'agit ! Les prtugais viennent, en effet, de décider de présenter au premier trimestre 2010 la candidature du fado au patrimoine immatériel mondial de l'Unesco. Il est vrai que le fado -apparu au début du XIX ème siècle et qui vient du latin fatum, qui signifie "destin"- se confond avec le Portugal et est consubstantiel au génie de ce peuple du bout du bout de l'Europe. Certains parlent même de "blues portugais".
Ce genre musical prend la forme d'un chant mélancolique généralement accompagné par une guitare portugaise à douze cordes et une guitare classique.
Le chanteur de fado ou fadiste raconte la jalousie, l'amour impossible, la nostalgie du passé, les voyages lointains, la difficulté à vivre, le chagrin, l'exil... D'abord chanté dans les quartiers mal famés, il fut ensuite apprécié par la bourgeoisie avant de devenir le chant national du pays.
Pour nous Français, le fado a un nom : Amalia Rodrigues. Mais il existe aujourd'hui nombre de d'authentiques jeunes - et moins jeunes - chanteurs de fado, hommes et femmes, tout de noir vêtu, tête haute et regard lointain, qui se produisent dans le Bairro Alto ou l'Alfama.
Alors, le fado entrera-t-il sur la fameuse liste ? Pourquoi pas. Le tango vient bien d'y faire entrée !
Emmanuel Gabey
Pratique :
Formalités : carte d'identité ou passeport en cours de validité.
Monnaie : l'euro.
Guides : Un grand week-end à Lisbonne, (Hachette), le guide Evasion en ville (Hachette), le Petit Futé et le Cartoville Gallimard pour ne pas se perdre ou plutôt bien organiser sa visite de Lisbonne.
Carnet d'adresses :
Quelques restaurants sont remarquables à Lisbonne et dans sa proche région.
- Hôtel Albatroz
A Cascais, près de Lisbonne, l'Hôtel Albatroz, dont la salle est remarquablement décorée et où la carte mérite une halte gourmande. D'ailleurs, le roi Juan Carlos ne s'y est pas trompé et a ses habitudes ici deux ou trois fois par an lorsqu'il vient faire de la voile.
Adresse : Rua Frederico Arouca, No. 100
2750 Cascais, tél. 351 1 21 484 73 80.
Site web :
www.albotroshotels.com
- Casa do Leao
Castelo de San Jorge à Lisbonne une adresse également. Cuisine à la fois classique de bon niveau et faite de spécialités portugaises.
Site web :
www.mpousadas.pt
- Le Pateo de Alfama
Pour découvrir un authentique show de fado, il faut impérativement aller dans l'Alfama. Le Pateo de Alfama est particulièrement recommandé par les lisboètes.
Adresse : rua Sao Joao da Praça,18, tel. 218822174.
- Antiga Confeitaria dos Pasteis de Bélem
Vous ne pourrez pas quitter la capitale portugaise sans faire un crochet à la célébrissime Antiga Confeitaria dos Pasteis de Bélem , rua de Bélem 84. C'est là que vous trouverez ces fameux petits flans (5,40 euros les 6) - souvent imités, jamais égalés - qui sont appréciés dans le monde entier. A juste raison !
POUR EN SAVOIR PLUS :
Accès aérien :
Vols quotidiens pour Lisbonne avec la TAP. Tél. 0820 319 320 et
www.flytap.fr ou Air France
www.airfrance.fr
Offices de tourisme :
Consulter le site de l
'office du tourisme de Lisbonne : www.visitlisboa.com
Contacter
l'office du tourisme du Portugal, tél. + 33 (0)1 56 88 30 80.
Site web :
www.visitportugal.comPhotos : Emmanuel Gabey, Luis Pavao(Mafar) et Frédéric Reglain (Fado).