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Quel est votre parcours ?Nous nous sommes rencontrés à l'Université Paris Dauphine où nous avons obtenu une maîtrise de gestion, spécialisation finances. Julien a ensuite obtenu un master en Commerce international à la Sorbonne avant de s'orienter vers le sponsoring sportif dans divers medias : l'Equipe, Sport, puis Sport FM.J'ai, pour ma part, poursuivi en finances en effectuant un master de finances internationales à l'Institut d'Administration des Entreprises d' Aix en Provence. Ont suivi deux ans au sein d'un cabinet d'audit avant de démissionner pour le projet Panamericaine.
Comment est né le projet de Panaméricaine et pourquoi ?"Tout est parti d'un article paru dans le Courrier International..."Tout est parti d'un article paru dans le Courrier International concernant cette route mythique et d'une envie de voyager intelligemment, de définir un objectif concret, de fournir à ceux qui nous suivent autre chose que de jolies cartes postales.Avant de nous lancer dans la préparation logistique de ce projet, nous avons beaucoup discuté du contenu et de la valeur que nous voulions lui donner. Il est évident que traverser les Amériques du Nord au Sud représente un défi en soi. Mais bien d'autres l'ont fait avant nous. Les côtés, découverte, rencontres, nature importaient bien sûr beaucoup. Notre approche écolo, au travers de nos rencontres avec les associations, est un plus permettant de nous informer sur un sujet à la fois difficile et d'actualité, de garder notre esprit en éveil. Plus pratiquement, cela nous forcera à sortir des sentiers battus tout au long du chemin. Nous voulons que ce voyage soit utile, à la fois pour nous et pour d'autres, qu'il s'agisse de ceux qui nous suivent ou des associations qui verront leurs actions reconnues. Que signifie pour vous le voyage ? un art de vivre ?"un réel art de vivre tant qu'il ne constitue pas une fuite..."Le voyage reste un réel art de vivre tant qu'il ne constitue pas une fuite ou une vie factice.Le voyage permet non seulement de rencontrer les populations locales, mais aussi nombre d'autres voyageurs et il n'est pas rare de se demander si certains, à force de voyager, ne se sont pas perdus, n'ont pas oublié leurs racines, perdu une partie d'eux mêmes sur la route. Le départ et le retour font partie des très beaux moments du voyage.
Pourquoi avoir monté le projet à deux ?"se motiver à tour de rôle pendant 13 mois…"Bien que le voyage solitaire permette peut être plus d'ouverture et de rencontres, le long voyage (13 mois) partagé à deux permet un échange plus profond que les rencontres trop courtes et les relations parfois superficielles et donc frustrantes.Partager les bons et les mauvais moments, se motiver à tour de rôle pendant 13 mois demande une amitié authentique. Au delà de la béquille physique et psychologique, un compagnon de voyage est aussi un miroir : Il va sans dire qu'un tel voyage permet d'apprendre énormément sur soi-même, et un compagnon de confiance, s'il ne permet pas l'isolement complet, sert de guide dans cette recherche. Que recherchez-vous à travers cette Panaméricaine où vous traversez des paysages et des climats bien différents ?"nous sommes en recherche d'authenticité…"Après 5 mois de voyage, je ne suis pas sûr d'arriver à répondre à cette question.Plus que des lieux précis à visiter, nous sommes en recherche d'authenticité. Les pays les moins connus, ceux pour lesquels nous avons vu le moins vu de photos, entendu le moins de récits de voyage sont ceux qui nous attirent le plus. Par là, nous pensons par exemple au Honduras et à ses nombreux centres de recherche sur la vie sous marine des Caraïbes, la Colombie avec sa cité perdue. Mais prenez les Etats-Unis par exemple, qui peut passer pour le pays le moins "sexy" du voyage, compte tenu de son développement, des ses belles routes etc. Il fait partie, après 5 mois de voyage des souvenirs les plus marquants tant en terme de rencontres que d'authenticité ou d'aventures. Alors, nous apprenons à ne pas trop avoir hâte d'arriver dans le pays suivant de notre itinéraire. Il sera plus facile de parler des plus beaux endroits que nous avons traversés à notre retour...
Que représente pour vous l'expression "environnement" à l'heure où l'on parle de réchauffement climatique et de développement durable ?"Les informations nous assomment de réchauffement climatique…"Un sujet à la mode, bien sûr. Et justement. Des thèmes tellement à la mode que chaque jour qui passe leur donnent une signification un peu plus large. Pour la Panaméricaine, nous avons voulu revenir un peu aux sources.Les informations nous assomment de réchauffement climatique, de pollution à grande échelle, de "développement durable". A notre niveau de connaissance, ces sujets nous dépassent. Entre les militants extrêmistes et les pollueurs à grande échelle, le fatalisme nous guette. Le projet Panaméricaine veut se poser en observateur positif, sortir de ce constat d'échec. Nous voulons montrer qu'au niveau local, il existe de nombreuses personnes bien plus informées que nous, qui oeuvrent en silence pour préserver l'environnement. Bien sûr que la situation est très grave, qu'il faut prendre des mesures à grande échelle. Mais nous pensons qu'il est aussi important de voir que déjà beaucoup ne se contentent pas de critiquer ou de se lamenter mais agissent de façon positive à leur niveau. La photo et la vidéo comptent dans votre périple, comment entendez-vous "faire parler" les images ?"Quelque part la beauté des images permet de mettre en valeur les actions des organisations que nous rencontrons"Nous essayons, sans être des professionnels de l'image, de jouer sur le côté esthétique de notre voyage. Il est plus facile de sensibiliser les personnes qui nous suivent sur les sujets environnementaux en partageant de belles images.Quelque part la beauté des images permet de mettre en valeur les actions des organisations que nous rencontrons. Si l'on sort du cadre écolo du voyage, la photographie et la vidéo sont aussi une motivation pour garder l'oeil ouvert en permanence, pour ne pas en perdre une miette. Nous ne voulons pas qu'au bout de plusieurs mois, le voyage devienne une habitude.
Vous considérez-vous comme des aventuriers et qu'attendez-vous de ce périple ?"nous ne nous considérons pas comme des aventuriers…"Comme je le disais auparavant, beaucoup d'autres ont déjà suivi la route que nous allons emprunter, dans des conditions sûrement plus difficiles. Bien sûr nous rencontrerons l'aventure.Ce serait mentir que de nier la recherche d'excitation, d'adrénaline, des rencontres insolites et des mésaventures. Mais nous ne nous considérons pas comme des aventuriers qui vont révolutionner le voyage. Au delà des sensations fortes et du travail que nous aurons à fournir dans le cadre du projet à proprement parler, nous cherchons à vivre ce voyage le plus innocemment possible, tant dans la découverte que dans les rencontres. Quels sont vos projets ?
"des dizaines de nouveaux projets par jour…"Les rencontres et l'état d'esprit du voyage font naître des dizaines de nouveaux projets par jour. Il est très difficile de penser au retour à ce stade du périple. Plus difficile même qu'avant le départ. Il est évident que, d'une manière ou d'une autre, nous voudrons donner une suite à cette expérience.Après avoir voyagé, nous aurons certainement envie de découvrir ce que c'est que vivre, mettre en place des projets durables dans un des pays que nous aurons traversés. Quoi qu'il en soit, que ce soit dans notre travail (la finance pure et dure n'est plus d'actualité pour nous), dans notre mode de vie ou notre façon de penser, quelque chose aura changé. Cela ne veut pas dire non plus que nous envisageons de devenir des vendeurs de bracelets ou de graines sur les marchés d'Amérique Centrale. Quoique... Pour en savoir plus :Site web : www.panamericaine.com |
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