À l'origine, les îles Maldives sont peuplées par des populations bouddhistes en provenance du sud de l'Inde et du Sri Lanka. Forcément insulaires, les Maldiviens sont d'excellents marins en sillonnant l'océan Indien dans toutes les directions. On affirme aussi que les Maldives et les Seychelles ont servi de lieu d'étape pour les immigrants venus d'Indonésie et qui s'installeront en Afrique de l'Est et à Madagascar, vraisemblablement au cours des IVe et Ve siècles.
L'archipel des Maldives aurait eu des contacts avec tous les pays baignés par l'océan Indien. Les Maldiviens s'approvisionnent en coco de mer aux îles Seychelles et en bois de santal à Madagascar. Ils demeurent ainsi au centre des relations commerciales avec l'Inde, le Sri Lanka, la Malaisie, les émirats arabes, les Ottomans, les Perses et certains empires africains. Ils constituent une sorte de "banque centrale" de ce grand ensemble économique en apportant la monnaie d'échange. En effet, les Maldiviens se servent de coquillages appelés cauris (Cypraea moneta) qu'ils ramassent sur les plages.
Ces coquillages ont constitué la plus ancienne monnaie connue. Ces cauris avaient été apportés en Europe par les Hollandais qui les distribuaient ensuite dans les ports négriers. Ce commerce des cauris aurait duré plus de 700 ans.
Le contact de diverses cultures favorise le développement de la pêche, de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce chez les Maldiviens qui élaborent leur propre système d'écriture, le dive hi ha kuru ("lettres des îles"), hérité probablement du cinghalais car les Maldiviens avaient des contacts avec tous les insulaires de l'océan Indien.
À partir du VIIIe siècle, et ce, jusqu'au XIIIe siècle, l'expansion de l'islam et la domination du commerce arabe fait en sorte que des musulmans s'installent en grand nombre dans les Maldives, surtout à partir de 1153, et plusieurs épousent des femmes maldiviennes. Ce phénomène s'est produit à une grande échelle au XIIIe siècle lorsque les Maldiviens et les Cinghalais commercaient avec les Arabes.
La conversion à l'islam marqua un tournant de l'histoire de l'archipel, désormais régi par des sultanats. L'islam eut notamment une répercussion sur l'écriture divéhi qui fut remplacée par l'alphabet d'influence arabe (le Thaana), tout en continuant à être utilisée dans certaines îles jusqu'au XIXe siècle.
Dans la seconde moitié du XVe siècle, les Portugais font du commerce à Malé qu'ils avaient fondé ; c'est à cette époque que certains mots portugais entrent dans la langue maldivienne. Ensuite, bien que les îles restent gouvernées par un sultan arabe local, l'influence européenne se poursuit par la présence des Hollandais au XVIIe siècle, qui y établirent un protectorat, sans y fixer d'administration coloniale. Pendant quelques siècles, une quarantaine de bâtiments maldiviens embarquent annuellement leur cargaison de cauris à destination de l'Inde et du Bengale.
Comme les Maldiviens se trouvaient sur la route des épices, ils ont forcément exercé une influence dans le commerce international. En même temps, malgré la dispersion des îlots, ce petit peuple de marins et de nomades a toujours su protéger sa culture et son identité grâce à l'insularité.
Les Maldives sous protectorat… puis l'indépendance…
En 1887, les îles Maldives deviennent officiellement un protectorat britannique. Mais les Britanniques ne colonisent pas les Maldives, ce qui permet à la population locale de s'assurer une relative prospérité.
Mais l'anglais s'imprégne un peu dans la langue des Maldiviens, de même que le cinghalais, parce que les Maldives dépendent de la colonie du Ceylan. Les premières écoles ouvrent en 1924 ; il s'agit d'écoles coraniques.
En 1932, les Maldiviens adoptent une constitution démocratique tout en demeurant un sultanat, mais cette fonction est soumise à des élections; elle n'est plus héréditaire comme par le passé.
En 1953, les Maldives proclament la République et abolissent le Sultanat. Le premier président du pays, Amin Didi, conserve fort peu longtemps le pouvoir : un sultan est élu pour le remplacer l'année suivante (1954). Deux ans plus tard (1956), la Royal Air Force de Sa Majesté britannique obtient des autorités maldiviennes l'autorisation de s'installer sur l'atoll d'Addu, à l'extrême sud de l'archipel.
C'est alors que le premier ministre maldivien, Ibrahim Nasir, demande une révision de l'accord avec la Grande-Bretagne et exige une augmentation de la compensation financière. La population de l'atoll, en grande partie anglaise et employée par la base militaire, se révolte contre cette demande et réclame son indépendance. Ibrahim Nasir met fin à l'insurrection, mais la question de l'indépendance est désormais posée.
Dès le début de la décennie, l'anglais devient la langue d'enseignement dans les écoles, alors que le maldivien continue d'être la seule langue employée dans l'Administration et les communications quotidiennes des habitants du pays.
En 1965, les Maldives accédent à l'indépendance sous la forme d'un sultanat, 3 ans plus tard on y instaure une république mais au pouvoir autocratique, avec comme langue officielle le maldivien. En 1978, Ibrahim Nasir doit s'enfuir à Singapour, car la population menace de le lyncher. En 1988, les troupes indiennes sont appelées aux Maldives pour s'opposer à un coup de force fomenté par des mercenaires tamouls.
Depuis le début des années quatre-vingt, les Maldives portent un intérêt tout particulier aux problèmes liés à l'environnement ; ils s'inquiètent notamment du réchauffement de la planète, qui provoque une élévation du niveau des mers face à laquelle la petite république insulaire est particulièrement vulnérable en raison de la très faible altitude de son territoire. C'est un pays qui vit maintenant en grande partie grâce au tourisme.
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(Photos : D.Krauskopf, Di Vettimo et hôtels).