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ROBERT DE LAROCHE EN… 10 QUESTIONS

S'il s'est fait connaître par sa passion des chats et de Venise, l'écrivain et journaliste, Robert de Laroche n'oublie pas pour autant sa région natale, Paris ni sa région d'adoption la Normandie.Faisons connaissance avec cet homme de conviction.



Comment êtes-vous devenu journaliste et écrivain, par vocation ?

"Ma curiosité me poussait à creuser un sujet qui m'intriguait…"

Je voulais être réalisateur de films, et tout en caressant ce rêve, j'ai assouvi ma passion pour le cinéma en faisant des interviews de réalisateurs et d'acteurs, dès l'âge de dix-neuf ans ; je n'ai jamais cessé d'être journaliste… trente huit ans plus tard !
Pour ce qui est de l'écriture de livres, il s'agit d'un choix. Ma curiosité me poussait à creuser un sujet qui m'intriguait. Les livres ont aussi été un bon alibi pour voyager. Surtout les albums consacrés à Venise.

Vous avez signé un certains nombres d'ouvrages dont beaucoup sont des albums, pourquoi ?

"C'est agréable de partager la conception d'un album"

C'était l'occasion de faire équipe avec des photographes (Jean-Michel Labat, Catherine Bibollet) et des peintres (Bernard Vercruyce, Dédé Moser) dont j'appréciais le travail. Et puis on est très seul quand on écrit, c'est agréable de partager la conception d'un album, de le voir prendre forme, de suivre le photographe et de l'orienter dans son travail. C'est une façon de créer très enrichissante.

Que représente pour vous l'écriture ?

"M'évader loin du domaine qui est le mien dans le journalisme, à savoir la nature et les animaux…"

Un métier, pour commencer, parce que sans technique et sans pratique, on n'arrive à rien, même avec les meilleures idées du monde ! Et puis un besoin, mes livres me permettant (surtout les nouvelles, j'en ai écrit beaucoup) de m'évader loin du domaine qui est le mien dans le journalisme, à savoir la nature et les animaux, quoique les chats m'accompagnent aussi dans la fiction.

Vous avez beaucoup écrit sur Venise, pourquoi cette attraction pour cette ville ?

"J'avais passé une journée mémorable à Venise…"

C'est parti d'un coup de foudre éprouvé il y a vingt cinq ans. Enfant, j'avais passé une journée mémorable à Venise, et je n'y suis retourné que beaucoup plus tard. Je m'y suis senti si bien que je me suis donné les moyens d'y vivre le plus possible (je m'y suis installé jusqu'à quatre mois par an) en écrivant sur des thèmes qui m'intéressaient : la lagune, les chats, le Café Florian, le carnaval et son histoire, la peinture… Cela peut sembler étrange, mais ce que j'aime avant tout à Venise, c'est le silence, la solitude, la possibilité de rêver et d'échafauder des projets d'écriture. Le tout dans une ville d'art où la mer et la nature sont proches.

Que représente pour vous le voyage et quelle est votre manière de voyager ?

"J'avoue n'aimer voyager que lorsqu'il m'est possible de me fondre dans le paysage…"

J'ai eu la chance de voyager loin très jeune : Égypte, Japon, Philippines, Brésil, Etats-Unis, Canada, souvent parce que j'avais de la famille dans ces pays. J'avoue n'aimer voyager que lorsqu'il m'est possible de me fondre dans le paysage, d'entrer chez les gens et, de préférence, de parler leur langue. Sinon… le tourisme m'est odieux, et je préfère rester dans ma campagne normande à voyager par la pensée et l'imagination !

Quel est le fil conducteur de vos livres, s'il y en a un ?

"On doit être capable de traiter un sujet sur lequel on ne sait rien…"

La curiosité, sans doute, qui est à mon avis un défaut à cultiver, ce que j'ai toujours fait. Le journalisme est pour cela une bonne école, car on doit être capable de traiter un sujet sur lequel on ne sait rien, et pour lequel il faut se documenter. C'est comme ça que je me suis découvert des passions pour des lieux ou des personnages, à travers les années.

Vous avez beaucoup de passions et notamment pour les chats, vous avez beaucoup écrit sur cet animal, pourquoi ?

"Le chat possède le don de faire courir l'imagination"

Si j'aime tous les animaux, le chat demeure pour moi à la fois l'énigme vivante et le compagnon le plus affectueux et stimulant qui soit. Quand on écrit, le lien est d'autant plus fort, car à mon avis, le chat possède le don de faire courir l'imagination. Autrement dit, il suffit de l'observer, d'être à son écoute, pour voyager ! J'ai consacré une vingtaine de livres au chat parce que je voulais le resituer dans l'histoire des hommes, dans leurs mythologies, leur folklore, leurs coutumes. Montrer à quel point le lien entre les deux espèces était important.

Vous vivez en Normandie et en partie à Venise, cela correspond-t-il pour vous à un certain équilibre ?

"J'ai besoin d'entendre le clapot de l'eau sous ma fenêtre…"

Je suis Parisien d'origine, mais j'ai quitté Paris tout à fait depuis plusieurs années. Je suis résolument un campagnard, d'où le fait de vivre dans un petit village au milieu des arbres, où j'ai la tranquillité nécessaire à mon équilibre. Les séjours à Venise complètent harmonieusement ce " cocktail " : j'ai besoin d'entendre le clapot de l'eau sous ma fenêtre, de marcher dans les ruelles nocturnes, de voir les lumières changer sur Venise.

Vous venez de publier un ouvrage sur Rome...

C'est un album, " Chats de Rome ", avec des photos de Jean-Michel Labat, paru à la Renaissance du Livre. Nous voulions immortaliser ces chats urbains liés au passé et au présent de Rome, comme nous l'avions fait il y a quinze ans avec les chats de Venise.

Quels sont vos projets ?

"La rédaction de mon premier roman…"

Outre un album historique sur la chanson à Paris, je travaille en ce moment à la rédaction de mon premier roman. Tout ce que je peux en dire est qu'il se déroule à Venise, au XVIIIe siècle, et que le simple fait de me mettre devant mon ordinateur m'entraîne là-bas aussitôt !

Quelques ouvrages de Robert de Laroche à lire :

"Chats de Venise", "Chats de Rome", "Café Florian", "Lagune vénitienne", "Baie du Mont Saint-Michel" sont publiés à La Renaissance du Livre. (les photographies sont signées Jean-Michel Labat).


(septembre 2006).

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