






Crise en Thaïlande
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Prix cassés…Individuellement ou collectivement, les professionnels du secteur s'apprêtent donc à mettre les bouchées doubles pour tenter de limiter la casse.A très court terme d'abord, avec des promotions destinées à attirer ou à retenir les touristes. Certains hôtels de luxe ont cassé leurs prix pendant quelques semaines. L'Oriental de Bangkok a ainsi quasiment divisé le tarif de certaines chambres par deux pendant la première quinzaine de décembre. "Nous avons pris des mesures pour passer en mode de survie, en maintenant nos prix de basse saison pour les touristes locaux, explique Richard Mehr à Hua Hin. Cela nous a permis de faire augmenter le taux d'occupation, mais les rentrées financières s'en trouvent affectées. "De manière générale, le secteur a commencé à faire des efforts particuliers à destination du marché local (Thaïlandais et résidents étrangers). Car "les promotions à destination de l'étranger fonctionnent rarement, rappelle-t-on chez Exotissimo. A Bali, après les attentats, les prix cassés n'avaient pas suffi à faire revenir les touristes étrangers." Une analyse que partage la TAT, même si elle s'apprête à lancer une campagne de relations publiques à destination de l'étranger, "Amazing Thailand, Amazing Values", notamment destinée à présenter les excuses du royaume aux touristes du monde entier. "Le budget devrait tourner autour de 2 milliards de bahts, mais nous devons en faire plus sur le marché domestique", insiste Juthaporn Rernjronasa. Une "Domestic Tourism Fair" était prévue pour fin décembre à Bangkok, avec la participation de deux cents tours-opérateurs, hôtels et compagnies aériennes. Des initiatives locales sont également prises. Ainsi, l'Association du tourisme de Krabi compte lancer une opération "voyagez en haute saison pour le prix de la basse saison". Pour attirer les visiteurs, le Club des hôtels et resorts de Koh Chang prévoyait d'organiser pour la première fois une soirée "compte à rebours" pour le 31 décembre. Au niveau national, le gouvernement a accordé un nouveau jour férié pour tenter de booster la demande touristique intérieure. Avec le 2 janvier chômé, les Thaïlandais ont bénéficié d'un week-end de cinq jours pour voyager à travers le pays. Avant l'élection d'Abhisit Vejjajiva au poste de Premier ministre, le ministère du Tourisme et des Sports avait annoncé être en train de mettre sur pied un plan de soutien à l'industrie touristique d'un montant de 20 milliards de bahts, comprenant notamment des prêts à taux bas. Le rebond…Pourtant, même en plein creux de vague, la grande majorité des professionnels du tourisme garde confiance dans la capacité de la Thaïlande à rebondir. Certaines catégories de touristes continuent à venir quoiqu'il arrive. "Le marché scandinave va continuer de venir au soleil, ils en ont besoin", estime Hervé Duprat du Novotel de Phuket.Tout le monde a en tête le retour systématique des voyageurs après les crises de ces dernières années, du SRAS au tsunami, en passant par la grippe aviaire, le dernier coup d'Etat et les bombes du Nouvel An 2006-2007. "Les touristes individuels ne sont pas si effrayés que cela, renchérit Thierry Rodet, manager général de East West Siam, société réceptive. Les agences de voyage et les tours-opérateurs sont plus réticents, ils ne veulent pas prendre de risques à cause des assurances. Mais ils reviendront, comme après le tsunami. Les conséquences de la crise mondiale sont beaucoup plus problématiques. "Un sentiment confirmé par Pascal Furth, chef de la Mission économique à Bangkok: "On a pu observer lors des récentes fermetures ponctuelles d'aéroport, par exemple à Phuket début septembre, que le tourisme a la faculté de rebondir particulièrement vite quand il est attaqué. Une baisse de 50% me semble très forte et peu crédible. C'est l'impact de la crise financière mondiale qui va prolonger cette crise ou non. Il faut donc relativiser les effets de la fermeture des aéroports. "Michael Hanratty, directeur général du Sofitel Silom, signalait même mi-décembre des "signes de reprise positifs" pour le début de l'année. En revanche, beaucoup fustigent à demi-mots l'attitude des autorités qui ont laissé les manifestants occuper l'aéroport de Suvarnabhumi sans les évacuer. "Ce que je trouve vraiment dramatique, c'est d'avoir laissé faire, étant donné l'impact économique pour le pays", regrette Olivier Colomès. Beaucoup espèrent la mise en place d'un dispositif de sécurité plus strict, pour éviter que de tels événements se reproduisent. Emmanuelle Michel (Suite : La confiance du secteur aérien fragilisée) |
| 1 - Le coup de force 2 - Survivre 3 - Prix cassés... 4 - La confiance |