






Crise en Thaïlande
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Mais les professionnels ne s'avouent pas vaincus et affinent leurs stratégies pour survivre jusqu'à la prochaine éclaircie. La majorité d'entre eux garde confiance dans la capacité de la Thaïlande à rebondir. "C'est un coup de massue sur la tête, nous sommes tous K.O", avoue un hôtelier d'une grande chaîne française basée à Bangkok. Le coup de force des protestataires de l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD) est tombé au pire moment pour la Thaïlande, en plein début de la haute saison touristique. Entre novembre et janvier, le pays accueille habituellement environ un million et demi de touristes chaque mois, qui se pressent sur les plages paradisiaques du Sud, les montagnes verdoyantes du Nord, dans les grands hôtels, centres commerciaux et night-clubs de Bangkok. Les revenus tirés du tourisme représentent 6% du PIB du royaume. L'impact direct des huit jours de fermeture des aéroports international et domestique de Bangkok a été redoutable, même si certains hôtels hébergeaient les quelque 350.000 voyageurs bloqués dans la capitale et dans le reste du pays. "Pendant la première semaine de décembre, alors que le taux d'occupation aurait dû être très élevé à Bangkok, beaucoup d'hôtels sont tombés à un taux à un chiffre, 6 ou 7%", souligne Dale Lawrence, responsable de la communication de la Pacific Asia Travel Association (PATA). Si les grands hôtels rechignent à donner les chiffres précis, la plupart admettent avoir enregistré un nombre significatif d'annulations pour le mois de décembre. Et malgré la reprise totale du trafic aérien le 8 décembre, certains signes ne trompent pas. "Ce qui est inquiétant, c'est que l'on trouve sans problème des chambres pour loger des clients à la dernière minute, ce qui n'arrive jamais en cette saison, note Olivier Colomès, le directeur d'Exotissimo. Il reste encore de la place dans les hôtels et les avions, certains fleurons de l'hôtellerie de la capitale sont vides début décembre. C'est du jamais vu. "Le Sofitel Silom à Bangkok, par exemple, affichait mi-décembre un taux d'occupation de 35-40%, contre 70-80% en temps normal. Les zones les plus touristiques du Sud, bien que moins touchées que la capitale car elles sont restées en partie accessibles pendant la crise, ne sont pas épargnées. "Un grand hôtel à côté de chez moi, qui accueille beaucoup de groupes en temps normal, n'a aucun bus sur son parking en ce moment, constate Geri Sunaux, manager du Swiss Palm Beach Hotel à Phuket. Dans certains établissements, les clients peuvent même choisir l'étage de leur chambre, pour avoir la meilleure vue !". Néanmoins, il semble que les touristes individuels n'aient pas annulé en masse leur séjour déjà réservés pour la fin de l'année. "Les voyageurs qui avaient déjà une réservation la maintiennent généralement, quitte à décaler leur séjour de quelques semaines. Nous avons eu très peu d'annulations, certains ont pu se reporter sur 2009, sans frais", souligne Olivier Colomès. Chez Exotissimo, on explique que beaucoup de groupes, représentant au total un millier de clients, ont annulé ou reporté. "C'est un secteur très sensible, car il engage l'image de l'entreprise. Les compagnies ne peuvent pas se permettre de prendre le moindre risque", analyse le directeur d'Exotissimo. L'entreprise de téléphonie mobile SFR a ainsi annulé un voyage de groupe de 250 personnes. A la place, ils iront à Saint-Domingue. Une dizaine de conventions et rencontres d'affaires ont été annulées ou repoussées indéfiniment, notamment les septièmes Asia Business Leaders Awards. Le tourisme d'affaires génère 10% des recettes du secteur. La fermeture des aéroports a poussé le Bureau national des Conventions et des Expositions à réviser ses objectifs à la baisse d'environ 30%, passant de près de 80 milliards de bahts pour 2008 à un peu plus de 50. Les arrivées de visiteurs de ce secteur ont chuté de 70% pour le dernier trimestre de 2008. D'après le directeur de la Thai Hotels Association, Prakit Chinamourpong, la fréquentation est tombée à 20-30% au mois de décembre, alors qu'en temps normal environ 65% des chambres sont occupées. (Suite : Survivre jusqu'à novembre 2009…) |
| 1 - Le coup de force 2 - Survivre 3 - Prix cassés... 4 - La confiance |