






Nord ThaïlandeCornac d'un jour !
Non loin du fameux Triangle d'or, près de Chang Maï, découvrez une nursery d'un genre particulier et rare : une ferme d'élevage d'éléphants. Et pendant toute une journée, c'est à vous de vous occuper d'un pachyderme affectueux. Une expérience unique... Reportage sur le vif d'Emmanuel Gabey. "Peemaï" - "Bonne année" en thaï- a encore fait des siennes. Cet éléphanteau de tout juste douze mois, trompe en bataille et oreilles balayant le vent, n'hésite pas à se mêler à notre petit groupe installé dans une cahute en bambou, écoutant sagement Theerapat Trungpraken, le jeune propriétaire du centre créé voici quelques années, qui nous décrit la journée que nous allons vivre. Evidemment, avec ses 400 kilos, si petit soit-il à côté du groupe d'éléphants adultes installés un peu plus loin, il en impose quand même, n'hésitant pas à frotter très gentiment sa tête contre nous, à la recherche de quelque chose à manger. Les rebords de la cabane en bambou n'y résisteront pas. Quant à nous, nous apprenons à passer la journée avec lui car il ne nous quittera pas, tout occupé à ne pas se faire oublier, n'hésitant pas à faire quelques bêtises bien de son âge, tout en gardant un œil sur sa mère… Une ferme d'éléphants…Ca fait donc une petite demi-heure que nous sommes là, dans cette ferme assez exceptionnelle, à 30 km de Chiang Maï, la grande capitale du Nord du pays, la "Rose du Nord", réputée pour ses trois cents temples dorés à l'or fin et ses tribus ethniques si colorées. Bangkok, la vibrionnante que nous avons quitté hier d'un coup d'aile, semble bien loin.Ici, au milieu de la forêt et, nous le verrons plus tard, de splendides paysages encore sauvages, la journée est consacrée aux éléphants. Mais pas à une balade traditionnelle confortablement juchée sur une nacelle arrimée au dos d'un pachyderme, façon rajah. Non ! Cette ferme grande comme quatre terrains de foot où vivent une quinzaine d'éléphants est en fait une nursery. Elle se consacre à la naissance et à l'élevage de ces étonnants animaux en voie de disparition. En quarante ans, nous confirme Theerapat, on estime que qu'en raison du braconnage pour la viande et les défenses, le nombre de bêtes qui vivait dans cette région est passé de 3000 à environ 200. C'est dire s'il était temps de réagir. Bananes et tamarin…Aujourd'hui, nous sommes dans la peau d'un cornac. Tout au long de la journée, nous allons effectuer les tâches dont ont la charge les vrais cornacs. "Mon" éléphant s'appelle Mae Si Noi ; C'est, en fait une imposante éléphante de 36 ans qui a déjà eu quatre éléphanteaux et qui est enceinte de 13 mois.La toilette…Etape suivante, comme nous l'avait précisé le directeur de Patara, il faut faire la toilette à ces montagnes de muscles qui frisent les quatre tonnes.Car ces animaux dorment allongés par terre, en se tournant toutes les demi-heure d'un côté puis de l'autre, avec une dizaine de minutes debout, entre deux sommes. Armés d'une brosse et de branchages, nous frottons dont l'animal. Pour les pattes et le corps ça va. Mais pour le dos, c'est moins évident même sur la pointe des pieds. Tout ça dans l'indifférence polie de Mae Si Noi. C'est l'étape du bain. On s'en donnera à coeur joie d'arroser les grands pachydermes, tout en s'arrosant mutuellement. Grande rigolade pour tous. En point d'orgue, concocté par les vrais cornacs, une opération arrosage des touristes par les éléphants à trompe que veut-tu et, imagine-t-on, à leur grand plaisir… Jouer les cornacs…Bien entendu, le clou de la journée sera la marche à travers la forêt, juché sur la bête, sans siège. "A cru", dit-on. Et ce n'est pas évident. D'abord, il faut monter sur la bête, bien sûr.On l'apprendra vite. Trois options : en demandant à l'éléphant de se mettre à genoux et de transformer sa patte droite en marche pied comme une première marche et ensuite on se hisse facilement. Ou encore de s'installer sur sa trompe après avoir prononcé les mots adéquats et par un demi-tour finalement pas très compliqué au-dessus des oreilles se retrouver à chevaucher l'animal. Troisième possibilité : exiger de l'animal qu'il se couche et ensuite grimper sur son dos. Balade en forêt…Dans la forêt, pas de chemin. Un sentier qui grimpe et où l'on ne passerait pas à deux humains de front à pied. Mais notre éléphante, avec une acuité visuelle et une intelligence stupéfiante, négocie le passage en souplesse (et il faut à ce moment se souvenir qu'elle pèse quand même près de quatre tonnes) et en toute sécurité.Certes, ça tangue un peu mais on s'y fait, même si dans certains passages on est un peu crispé, les genoux bien collés contre les oreilles. C'est d'ailleurs la position la plus stable. En cas de tangage, une simple corde derrière nous donne un point d'appui solide. Mae Si Noi, comme les autres éléphants du troupeau, marche tranquillement, battant parfois des oreilles à grande vitesse en signe de contentement. Et elle n'hésite pas à affronter les tournants abrupts du chemin tout en arrachant d'un coup de trompe un tendre boqueteau dont elle se rassasiera pendant deux ou trois minutes avant d'être d nouveau aux aguets. Car l'animal mange jusqu'à 200 kilos d'herbes par jour. Peu à peu, tel Hannibal, on apprécie le rythme lent, constant et rassurant du pachyderme, même s'il faut être attentif aux branches qui dépassent du chemin qui ne sont pas, évidemment, la préoccupation de notre nouvelle amie. Dans le bain !Une bonne heure plus tard, la balade se termine au pied d'une splendide cascade où les éléphants et leur cornac d'un jour se baignent ensemble avec délice. Un repas bien mérité à base de riz salé et sucré présenté sur des feuilles de bananiers est installé sur la berge.On ne sait s'ils préféreront le riz ou les feuilles de bananiers, mais ils nous remercieront d'un formidable et communicatif barrissement. Point d'orgue d'une journée inoubliable ! E.G
Pratique :Décalage horaire : + 6 heures en hiver, + 5 heures en été.Passeport : en cours de validité. Monnaie : l'euro est autour de 46 bahts. Change partout (éviter l'aéroport où le cours est moins bon). Climat :tropical avec alternance d'une saison sèche de novembre à avril et d'une saison humide de mai à octobre. Températures élevées en toutes saisons sauf dans le nord en janvier -février. Vêtements : privilégiez le coton. Prévoir un bon pull pour les soirées parfois fraîches et surtout la climatisation des restaurants. Pensez à prendre une paire de chaussures facile à enlever pour la visite des temples. Guides : il n'y a que l'embarras du choix : Le Petit Futé, le Routard pour les adresses, le grand livre de la Thaïlande dans la bibliothèque du voyageur (Gallimard) pour une approche plus culturelle et le guide Visa de chez Hachette qui marie culture et adresses. Notre Carnet d'adresses :Ferme d'éléphants de Patara.Site web : www.pataraelephantfarm.com Hébergement à Bangkok : The Heritage Baan Silom, 659 Silom 19, Bang Rak, Bangkok Site web : www.theheritagehotels.com InterContinental Hotel, 973 Ploenchit Road, Plus classique mais haut de gamme et très confortable. Site web : www.intercontinental.com Hébergement à Chiang Maï : Baan Singh Kham, Très beau boutique hôtel d'une grosse dizaine de chambres spacieuses et décorées avec goût. Certaines bénéficient d'un jacuzzi privé. Piscine. Mais un peu excentré. Site web : www.baansingkham.com Hébergement à Samui : Hôtel Kala Site web : www.thekalasamui.com
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